Encore un coup dur pour
l’économie carhaisienne. Odislor, entreprise spécialisée dans les
nouvelles technologies, vient d’annoncer qu’elle transférait la
quasi-totalité de son activité à Guingamp. Implantée dans la
commune depuis deux ans et demi, la société est en plein
développement. Aujourd’hui, Erven Prigent, patron d’Odislor,
assure employer une cinquantaine de personnes et souhaite doubler
ses effectifs en 2008. Problème : l’espace disponible. Odislor
étouffe à la pépinière et ne semble pas pouvoir se permettre
d’attendre 2009 et l’ouverture de la ZAC de Kergorvo pour
poursuivre son développement. Les élus ont bien essayé de proposer
des solutions provisoires. En vain. Dès le 7 janvier, la société
Odislor sera guingampaise. Reviendra-t-elle quand la zone
d’activités sera inaugurée ? Son patron l’assure, mais rien n’est
moins sûr.
Christian Troadec, maire de Carhaix.
« On a fait tout ce que l’on pouvait faire en
matière de propositions. Nous avons même pensé à l’aménagement
provisoire du parking de la pépinière d’entreprises. Nous allons
continuer à travailler avec Odislor pour leur trouver une très
bonne implantation dans un an sur la zone de Kergovo. On aurait
qu’ils restent bien sûr. Mais on comprend leur besoin de
développement.
Jean Pierre Jeudy, président de la
communauté de communes.
« C’est dommage que nou n’ayons pas pu offrir
rapidement ce qu’ils demandaient. Mais 1500 m2 de bureaux ça ne se
trouve pas d’un seul coup et ça ne se construit pas en cinq ou six
mois. Nous n’avons pas su identifier leurs besoins assez tôt.
Espérons que leur premier vol en Centre Bretagne leur a plu et
qu’ils reviennent très vite ».
« On en avait assez de faire du camping ».
En une formule, Erven Prigent, directeur de la société Odislor,
explique sa décision de transférer une grande partie de son
activité à Guingamp. Arrivé en terre carhaisienne, il y a deux ans
et demi, avec une poignée d’associés, le jeune entrepreneur breton
de 34 ans a d’abord élu domicile au dessus de la brasserie Coreff,
avant d’annexer les locaux de la pépinière d’entreprises.
4 Millions d’euros de chiffre d’affaires
Odislor occupe actuellement plus de 400 m2 de
bureaux et d’entrepôts. Trop petit pour accueillir la cinquantaine
de salariés dont se prévaut la société. Pas assez grand pour
permettre à ses dirrigeants de réaliser leurs ambitieux projets.
« Cette année nous avons diversifié les
activités d’Odislor. Nous disposons aujourd’hui d’une section
recherche et développement. Nous commercialisons également dans
toute la France notre produit phare Afilpro, un interrupteur qui
fonctionne sans cablage. Et nous proposons enfin une offre de
panneaux solaires et d’éoliennes », annonce Erven Prigent. Cette
diversification commence à porter ses fruits. Le chiffre d’affaire
annuel de l’entreprise dépasse les 4 millions d’euros. Le patron
compte doubler ses effectifs l’an prochain et a donc un besoin
vital de s’agrandir. Depuis des mois, les diirigeants d’Odislor
discutent avec les élus locaux pour trouver une solution. Leur
attente : 1500m2 de surface exploitable. « La communauté de
communes a fait de réels efforts. Mais elle ne pouvait nous
proposer que du provisoire ». Des cabanes Algeco sur le parking de
la pépinière, notamment.
Erven Prigent a donc sauté sur l’occasion
guingampaise : 1800m2 de bureaux et d’entrepots, répartis sur
trois étages, anciennement occupés par France Telecom. Un site
idéalement placé au cœur de la zone industrielle de Bellevue. Dès
le 7 janvier, une partie des salariés d’Odislor investira un des
étages. Les deux autres ne seront libres, et donc utilisables, que
dans deux ou trois mois.
Ce n’est qu’un au revoir
« Le service logistique restera à Carhaix.
Cela concerne quatre ou cinq salariés » précise Erven Prigent. Une
manière de garder un pied dans la commune que le jeune
entrepreneur avait choisi il y a deux ans pour ses qualités
futures. « Carhaix est une ville d’avenir. J’en reste persuadé. Sa
position géographique, la création de l’axe routier centre breton
et la future zone d’activités lui donnent de vrais atouts ».
Odislor devrait d’ailleurs revenir s’y
installer. On parle de 4000 m2 de terrain envisagés sur la furture
ZAC de Kergorvo. Erven Prigent en rêve et n’émet qu’une seule
condiation à son hypothetique retour : « Que l’achèvement de l’axe
central ne soit pas décalé de dix ans »
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Vincent Lastennet |
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Article paru dans le
Télégramme le 27/12/07 |