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Grâce à une
invention lumineuse, Odislor fait un tabac auprès
des grossistes en matériel électrique. Et Erven
Prigent prépare déjà ses prochains coups,
notamment dans le domaine des énergies
renouvelables…
A tout juste
33 ans, à la tête d’une petite société du fin fond
de la Bretagne, Erven Prigent peut se flatter
d’avoir réussi à prendre de vitesse des
mastodontes de l’industrie. Odislor, l’entreprise
qu’il a implantés à Carhaix en 2005 avec son
épouse, est en effet en train de se faire une
place de choix auprès des grossistes en
électricité, grâce à un nouveau système nommé
Afilpro : des petits boîtiers électroniques qui,
placés derrière un interrupteur standard et une
source d’éclairage, permettent l’allumage a
distance par radio-fréquence. Idéal en rénovation,
pour éviter les saignées dans les murs. Avantageux
aussi parfois en construction neuve, tant le prix
du fil de cuivre a augmenté.
Depuis
quelques mois, les revendeurs aux professionnels
de tout le territoire français craquent pour cette
innovation. C’est très étonnant que personne n’ait
pensé à ce système avant nous » souligne Erven
Prigent qui tempère aussitôt : « Il faut dire que
ce n’était pas un produit simple à développer,
tant il mélange des technologies fines ».
L’électronique, c’est la passion de toujours de ce
costarmoricain. Après un détour vers la biologie,
et un poste de responsable de laboratoire R&D pour
un petit groupe industriel, Erven Prigent a
ressenti le besoin de s’émanciper : « retrouver ma
liberté par la création d’une entreprise »
Les
énergies renouvelables : une conviction
Car derrière
la passion se cache une farouche conviction : il
faut promouvoir et développer les énergies
renouvelables. « Dans notre système de
production centralisé d’électricité, le gros
problème c’est la déperdition d’énergie lors de
son transport : il faut donc individualiser la
production », explique Erven Prigent. Les
technologies permettent de gérer les besoins d’une
maison ou d’une entreprise en autonomie. Il faut
seulement se poser les bonnes questions à la
construction : quelles solutions pour être
indépendant et faire des économies ? C’est
technologiquement possible aujourd’hui, mais le
modèle économique ne plait pas à tout le monde… ».
Dès son
origine, Odislor, fondée par son épouse
Anne-Sophie O’Meara (« moi, j’anime les projets,
elle, elle donne le cadre, et assure le bon
fonctionnement des institutions ») était donc
compartimenté en plusieurs départements. L’un
dédié à la recherche et développement, l’autre
dédié aux questions énergétiques. Odislor Energy
qui pratiquait essentiellement des expertises
d’énergie pour le compte d’entreprises souhaitant
faire le point sur leur approvisionnement et les
moyens de le diversifier. Le troisième, Odislor
Distribution, est une structure commerciale dont
la mission est d’écouler sur le marché les
produits développé par l’équipe R&D…
Se projeter
vers l’avenir
Aujourd’hui,
le succès d’Afilpro, et la nécessité de
verrouiller le marché avant que la concurrence ne
réussisse à contourner son brevet à conduit
Odislor à multiplier les recrutements d’un bout à
l’autre de l’hexagone. Mais, avec 3 millions
d’euros de CA et 30 salariés au compteur, Erven
Prigent constate la difficulté d’une telle
entreprise dans le système français : « quand on
grandit trop vite, on est aussitôt puni du nombre
des embauches effectuées ». Par contre rien à
redire sur le choix de s’installer à Carhaix :
« la ville fait la jonction, la synthèse entre le
nord et le sud de la Bretagne, elle nous permet de
balayer large géographiquement tant pour nos
débouchés que pour nos recrutements.
Et le foncier
économique reste très accessible. Mais c’est vrai
que sans le projet de doublement de la RN164, on
ne serait pas venu ici : c’est un pari sur
l’avenir ! ». Là est peut-être le secret d’Erven
Prigent : cette capacité à se projeter dans le
futur. Il prévoit dès aujourd’hui de lancer trois
nouvelles références dans la gamme Afilpro. « Le
but : sortir de nos ateliers un nouveau concept
par an. Là ou c’est réputé impossible nous
commençons à travailler. » Et il compte bien
relancer ses projets d’énergie renouvelable, avec
pour base les technologies de micro hydraulique,
ou de panneaux à concentrateurs solaires… Dès
2007, Erven Prigent aura l’occasion de tester ces
idées grandeur nature sur son entreprise : il va
devoir la déménager de la pépinière à la zone de
Villeneuve. Dans des bâtiments à sa mesure…mais
pour combien de temps ?
©
Journal de la CCI de MORLAIX - Novembre 2006
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