« Il faut toujours avoir un temps
d’avance sur les concurrents, notamment les
Asiatiques, qui ne mettent pas beaucoup de temps à
copier les originaux », lance le jeune patron. En
une phrase, il résume la stratégie de son entreprise
et le défi qu’il s’est lancé en la créant en avril
2005 : créer un produit nouveau par an. Après
Afilpro en 2006, voilà Odisun en 2006, un pack de
panneaux solaires prêts à l’emploi pour produire
soi-même son électricité.
Erven Prigent n’a pas fait de
hautes études d’électronique dans les grandes écoles
d’ingénieurs. Son unique passage en Faculté l’a
conduit à préparer une licence de biologie. Il
s’était égaré, mais n’en retire aucun regret. « La
bio, c’est comme l’électronique, on prend la route
sans savoir exactement où l’on va ». La passion de
l’électronique l’a pris dès l’enfance. Il bricole
tout le temps, veut tout maîtriser, démonte ce qui
lui tombe sous la main. Adolescent, il crée un
système d’alarme pour la maison de ses parents.
Pendant les cours de bio à la Fac des Sciences, il
dessine des circuits électroniques... Salarié dans
une entreprise finistérienne où il crée un service
recherche-développement, il approfondit ses
connaissances de l’électronique « sur le tas » ou
dans les livres. Un self-made man comme on dit
aujourd’hui.
Chez Odislor, il manage sans
complexe des équipes d’ingénieurs et de techniciens,
proposant des recettes high-tech dont il reste à
démontrer la fiabilité. Le produit-phare de la
maison reste Afilpro, présent dans 800 agences
françaises de grossistes et peut-être, en 2008, dans
800 autres points de ventes européens. Afilpro fait
un tabac. Plus besoin de casser les murs, de faire
des saignées dans le plâtre, de passer des gaines et
des câbles. Il suffit de placer le micro-module
derrière l’interrupteur et au niveau de la source
d’éclairage et ça fonctionne par radio-fréquence.
Une seule source d’éclairage permet d’installer huit
interrupteurs. Entamée en septembre dernier, la
commercialisation du pack des panneaux solaires
photovoltaïques, installés sur les toitures, démarre
fort, surtout en Bretagne. Des particuliers équipent
leur maison pour produire de l’électricité et la
vendre à EDF. L’entreprise propose aussi une
éolienne de jardin pour l’éclairage des habitations.
Elle va créer son propre réseau d’agences-conseil en
énergies renouvelables en France pour gérer le suivi
administratif et technique de ses clients.
Odislor conçoit également des
instruments de mesure et des systèmes de régulation
pour la Défense nationale. Mais là, c’est top secret
! La croissance d’Odislor (4 M€ de chiffre
d’affaires en 2007) est spectaculaire : 26 salariés
en 2005, 50 aujourd’hui, une centaine prévue fin
2008. A l’étroit dans ses locaux, l’entreprise va
déménager le 7 janvier prochain à Guingamp, où elle
devrait installer 1.800 m² de bureaux dans la zone
de Bellevue. Une partie de l’activité restera à
Carhaix.