"Depuis 2003, nous faisons attention à l'énergie, affirme François Palut. C'est un poste de charge non négligeable en production porcine". Il sera le premier en France, et aujourd'hui encore le seul, à installer une pompe à chaleur au sein du réacteur biologique de sa station de traitement de lisier pour chauffer 3 500 places de post-sevrage. "Pour un kW acheté à EDF, trois autres sont produits gratuitement".

Un amortissement sur 10 ans

Poursuivant sur sa lancée, il construit, en 2005, un puits canadien, pour refroidir la verraterie l'été et la réchauffer durant l'hiver. "L'échange de chaleur se fait par 150 mètres de canalisations, enterrées à 1,5 m de profondeur". Si François Palut réfléchissait déjà à une installation photovoltaïque, c'est un peu le hasard qui met Erwen Prigent, le directeur d'Odislor, sur sa route. "Je lui ai dit qu'il me fallait un retour sur investissement en 10 ans". L'entreprise, jusque-là surtout orientée vers les particuliers, le suit dans sa démarche. Et, quelques mois plus tard, ce sont 300 m² de panneaux photovoltaïques qui ont pris place sur un hangar flambant neuf, destiné à stocker du matériel agricole. "L'investissement se monte à 157 000 €, tout compris, détaille Pierre-André Moore, directeur de région Ouest Odislor Energy. Ce qui met le watt crête à 4,80 €. Nous sommes les moins chers du marché". Les panneaux sont intégrés au bâtiment, ce qui permet de bénéficier d'un meilleur tarif de rachat de l'électricité, légèrement supérieur à 0,6 €/kWh. "Et le système d'intégration, breveté par Odislor, permet de mieux ventiler l'installation, grâce à une lame d'air entre les tôles et les panneaux, et de gagner 3% de rendement supplémentaire". Les onduleurs, à fractionnement électronique, sont garantis 10 ans, les panneaux photovoltaïques 25 ans. "La vente d'électricité rapportera 22 000 € par an. L'amortissement se fera en 10 ans. Après, ça laisse un revenu confortable".

Sur n'importe quelle charpente

Les panneaux solaires peuvent s'adapter à n'importe quelle charpente, sans qu'il soit nécessaire de la renforcer : pesant seulement 13-14 kg/m², ils sont plus légers que les autres types de couverture. "Et ils sont prévus pour résister à des vents de 170 km/h, rajoute Pierre-André Moore. Nous avons des installations dans le Sud-Ouest de la France. Aucune n'a été endommagée par des vents à 140 km/h". N'ayant pas de pièces d'usure, les panneaux photovoltaïques ne réclament pas d'entretien. Et leur nettoyage annuel est assuré par Odislor, qui s'engage pour 20 ans.

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François Palut a profité de la construction d'un hangar de stockage de matériel pour y installer 300 m² de panneaux photovoltaïques. - © Terra

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Pierre-André Moore, directeur de région Ouest Odislor Energy, devant les trois onduleurs, qui permettent de transformer le courant continu en courant alternatif. - © Terra

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Intégrés dans la toiture, les panneaux photovoltaïques sont si discrets qu'on les voit à peine. - © Terra